Noël sans ma mère : survivre aux fêtes quand ton cœur est en miettes (et c’est ok)

Ma mère est au ciel depuis février 2025.
Et franchement ? Noël, cette année, c’est pas la joie. C’est même carrément la merde.

Voilà, c’est dit.

Pas de langue de bois chez DWICHS.
Pas de « tout va bien se passer ».
Parce que non, tout ne va pas bien se passer.

Et c’est normal.

Les "premières fois" : ou comment se prendre des claques émotionnelles en série ?

Depuis février, j’ai enchaîné les « premières fois sans elle » comme une boxeuse qui prend coup sur coup :

  • Fête des mères : KO debout
  • Son anniversaire : uppercut
  • Mon anniversaire : direct au foie
  • L’anniversaire de ma fille : crochet du gauche
  • Noël : … là, j’suis au tapis

Des moments qui devraient être joyeux.
Des moments où tout le monde te dit : « Profite ! »

👉 Sauf que quand ton cœur est en deuil, « profiter » ressemble à un ordre impossible.

Le paradoxe de fou du deuil : quand le bonheur fait encore plus mal

Voici ce que personne ne te dit avant :

👉 La tristesse du deuil ne surgit pas que dans le silence.
👉 Elle débarque surtout quand ça devrait aller bien.

Voir les autres rire.
Voir ta fille heureuse.
Voir les guirlandes, les cadeaux, les traditions…

Et penser :

« Putain, elle devrait être là. »

Les psychologues appellent ça le deuil par contraste.

En gros :

  • Plus l’environnement est joyeux
  • Plus l’absence te gifle

👉 Ce n’est pas que tu es rabat-joie.
👉 C’est que ton amour n’a plus personne à rejoindre.

Ce que disent les psys du deuil (et qui change TOUT quand on le sait)

Alerte breaking news :

👉 Le deuil n’est PAS linéaire.
👉 Il n’y a PAS d’étapes à franchir dans l’ordre.
👉 Tu ne vas PAS « mieux » de façon régulière.

Les spécialistes (Stroebe & Schut, pour les nerds) parlent d’un processus oscillant :

  • 🖤 Orientation vers la perte : tu pleures, tu te souviens, ça fait mal
  • 🌱 Orientation vers la vie : tu ris, tu vis, tu oublies 5 minutes

Et ton cerveau fait des allers-retours constants.

👉 Donc si tu passes de « ça va » à « je m’effondre » en 30 secondes ?
👉 Tu ne régresses pas. Tu fonctionnes normalement.

Bienvenue dans le grand huit émotionnel du deuil.

Les symptômes normaux du deuil (mais qui te font croire que tu deviens folle)

Petite checklist pour te rassurer :

  • ✅ Fatigue extrême (genre dormir 12h et être quand même crevée)
  • ✅ Hypersensibilité (pleurer devant une pub pour du chocolat)
  • ✅ Difficulté à te concentrer (relire 3 fois la même phrase)
  • ✅ Irritabilité (vouloir envoyer chier tout le monde)
  • ✅ Troubles du sommeil (ou dormir trop, ou pas assez)
  • ✅ Impression d’être « à côté » pendant les fêtes

👉 Ce n’est pas de la faiblesse.
👉 C’est ton système nerveux qui apprend à vivre dans un monde sans elle.

Alors comment on fait pour pas sombrer à Noël ? 5 conseils de psys (traduits en langage humain)

1️⃣ Arrête de te juger (sérieux, arrête)

Les psys sont formels :

👉 Te dire « je devrais aller mieux » aggrave la douleur.

C’est comme si tu te tapais dessus en plus de porter le deuil.

À la place, essaie ça :

« Ce que je ressens est normal. Ma mère me manque. Point. »

Pas de « je devrais ».
Pas de « c’est ridicule ».
Juste : « C’est ce que je vis, et c’est légitime. »

💬 Ta douleur n’est pas un problème à régler.
C’est un message d’amour qui cherche où aller.

2️⃣ Renonce au "Noël parfait" (il n'existe pas de toute façon)

En thérapie du deuil, on parle de réduction des attentes.

Traduction :
👉 Ton objectif n’est PAS d’être joyeuse ou joyeux.
👉 Ton objectif est de survivre sans te perdre.

Tu as le droit :

  • de changer les traditions
  • de partir plus tôt
  • de pleurer devant le sapin
  • de dire « non » à des trucs
  • de faire un Noël minimaliste

👉 Ce n’est pas abandonner ta famille.
👉 C’est te protéger.

Et franchement ? Ta santé mentale > les conventions sociales.

3️⃣ Crée un rituel pour elle (parce que l'ignorer, c'est pire)

Les rituels, c’est magique pour le cerveau en deuil.

Pourquoi ?
👉 Parce qu’ils donnent une forme à ce qui est invisible.

Exemples simples :

  • Allumer une bougie pour elle
  • Mettre une photo près du sapin
  • Lui écrire une lettre
  • Dire son prénom à voix haute
  • Lever un verre à sa mémoire

Les psychologues parlent de liens continus :

👉 L’amour ne disparaît pas avec la mort.
👉 Il change juste de forme.

Et lui faire une place, c’est honorer ce lien sans s’y noyer.

4️⃣ Lâche le masque de la "forte" ou "fort"

Écoute-moi bien :

👉 Tu n’as rien à prouver.

Dire :

« Je suis là, mais je suis fragile »

ce n’est pas de la faiblesse.
C’est de l’honnêteté.

Et ça permet :

  • aux autres de comprendre
  • à ton corps de relâcher la pression
  • à ton cerveau de sortir du mode « survie »

Les gens ne savent pas toujours comment t’aider.
Mais ils peuvent respecter, si tu oses dire.

5️⃣ Pense en micro-moments (pas en marathon)

Les thérapeutes conseillent de fractionner le temps.

Ne pense pas :

« Je dois survivre à tout Noël »

Pense :

  • une heure
  • un repas
  • une respiration

👉 Traverser, ce n’est pas aimer.
👉 C’est tenir sans se perdre.

Si tu passes une partie de la journée debout,
👉 c’est déjà énorme.

Et après ce putain de premier Noël ?

Non, la douleur ne disparaît pas d’un coup.
Mais avec le temps :

  • elle devient moins aiguë
  • les souvenirs deviennent plus doux
  • l’absence trouve une place plus supportable

👉 Le lien demeure.
👉 La souffrance, elle, se transforme.

Le deuxième Noël sera différent.
Le troisième aussi.

Pas forcément plus facile.
Mais moins brutal.

 

 À toi qui passes les fêtes avec une chaise vide

Si Noël te fait mal,
ce n’est pas parce que tu es faible.

C’est parce que tu as aimé profondément.

Et aimer ainsi laisse une trace.
Une trace douloureuse, mais aussi précieuse.

Tu n’es pas en retard.
Tu n’es pas « trop sensible ».
Tu n’es pas cassée.

👉 Tu es une personne qui aime,
et qui apprend à vivre avec une absence immense.

Et ça demande un courage de dingue